Après chantier
Bois de chauffage issu d'un abattage : ce qui détermine sa qualité future

En bref : Essence, diamètre et conditions de stockage orientent la qualité future du bois issu d'un abattage. Repères pour juger sans donner de durée de séchage inventée.
Après un abattage, de nombreux propriétaires souhaitent conserver le bois obtenu pour un usage de chauffage plutôt que de l'évacuer ou de le faire broyer intégralement. La qualité de ce bois, une fois prêt à être brûlé, dépend de plusieurs facteurs qui se déterminent en grande partie dès le jour de l'abattage, bien avant que le séchage ne commence réellement.
L'essence d'origine, premier facteur de qualité
Toutes les essences ne se valent pas pour un usage de chauffage : un bois dense comme celui du chêne, très présent dans le bocage briéron, dégage généralement davantage de chaleur qu'un bois plus tendre comme celui du peuplier des zones humides ou de certains résineux du littoral. Cette différence de densité influence directement la façon dont chaque propriétaire doit envisager l'usage du bois issu d'un abattage réalisé sur sa parcelle, un chêne se prêtant naturellement mieux à un stockage de longue durée qu'un bois plus tendre destiné à un usage plus rapide.
Le diamètre du bois et le choix de le fendre ou non
Une bûche entière de diamètre important sèche beaucoup plus lentement qu'une bûche fendue, la surface de bois exposée à l'air jouant un rôle déterminant dans la vitesse de perte d'humidité du bois. Fendre le bois peu après l'abattage, tant qu'il reste encore relativement facile à travailler, accélère généralement ce processus par rapport à un stockage en rondins entiers laissés tels quels. L'essence entre aussi en jeu : certains bois se fendent plus facilement que d'autres selon la rectitude du fil et la présence de nœuds dans le tronc d'origine.

Les conditions de stockage, un facteur tout aussi déterminant
Un bois stocké à l'air libre sans aucune protection contre la pluie retarde nettement son séchage et favorise le développement de moisissures ou de champignons à la surface des bûches, en particulier sur le littoral nazairien où l'humidité ambiante reste souvent élevée. Un abri simple, couvert mais ouvert sur les côtés pour permettre une bonne circulation de l'air, offre généralement de meilleures conditions qu'un espace totalement fermé qui empêcherait l'humidité contenue dans le bois de s'évacuer correctement vers l'extérieur.
Une orientation et une exposition qui comptent aussi
Le tas de bois gagne à être orienté face aux vents dominants pour profiter d'une circulation d'air favorable au séchage, tout en restant protégé d'une exposition directe et prolongée à la pluie battante du littoral. Cette orientation, simple à mettre en place dès l'installation du tas, influence sensiblement la vitesse à laquelle le bois devient réellement utilisable pour le chauffage, un point que nous évoquons volontiers avec les clients qui souhaitent conserver le bois issu de leur abattage.
Notre prestation d'abattage et démontage délicat laisse au client le choix du devenir du bois obtenu, entre conservation pour un usage personnel, évacuation complète ou broyage selon le volume et l'essence concernés. Cette discussion se tient généralement dès la visite préalable au chantier, pour organiser le débit du bois en fonction de l'usage final souhaité par le propriétaire du terrain concerné, y compris la longueur des bûches la plus adaptée à l'équipement de chauffage déjà installé dans la maison.
Un dernier repère mérite d'être signalé pour les propriétaires qui découvrent ce type de valorisation pour la première fois : un bois fraîchement abattu reste toujours trop humide pour un usage immédiat de chauffage, quelle que soit l'essence concernée, et un temps de repos suffisant reste nécessaire avant toute utilisation en intérieur. Ce délai varie selon les conditions locales et ne se laisse pas résumer par une durée unique valable pour tous les bois et tous les stockages rencontrés sur la CARENE.
Un moyen simple de juger si un bois a suffisamment séché consiste à observer l'apparition de fissures aux extrémités des bûches et à noter un allègement sensible au fil des mois, deux signes qui indiquent une perte d'humidité progressive plus fiable qu'une estimation basée uniquement sur le temps écoulé depuis l'abattage. Le son produit en entrechoquant deux bûches donne aussi une indication utile aux propriétaires habitués à ce type de manipulation, un bois bien sec produisant un son plus clair qu'un bois encore chargé d'humidité intérieure.
Le stockage sur plusieurs saisons demande enfin de renouveler régulièrement la partie basse du tas, celle qui reste le plus longtemps au contact de l'humidité du sol, pour éviter qu'une portion du bois ne se dégrade avant même d'avoir pu servir. Surélever le tas sur des palettes ou des rondins placés au sol, une pratique simple et peu coûteuse, limite ce contact direct avec l'humidité et prolonge la bonne conservation de l'ensemble du bois stocké sur la durée.


